JOYCE GALLERY présente les 10 ans de NON SANS RAISON, porcelaine de Limoges. Exposition & Pop-up store, du 4 au 20 juillet…

Fondée en 2008 par Bertille Carpentier et Martial Dumas, NON SANS RAISON est devenu en l’espace d’une décennie seulement un acteur majeur et singulier dans le paysage de la porcelaine de Limoges. Maison française de création et d’édition d’objets de haute qualité artisanale, NON SANS RAISON pose un regard neuf sur les arts de la table et la manière de faire vivre une industrie d’art née il y a 250 ans.
Par ses créations et ses collaborations avec des designers, des artistes ou des manufactures, la Maison conjugue une écriture contemporaine avec un savoir-faire ancestral mis au service d’une production de grande qualité.
Tout en conservant un respect scrupuleux pour les techniques traditionnelles, NON SANS RAISON intègre à sa production des méthodes de travail et des outils innovants, cherchant à renouveler au-delà de la porcelaine elle-même, la manière de la pratiquer au XXIème siècle. Confrontant la tradition aux usages sociaux et gastronomiques d’aujourd’hui, les objets se font l’écho d’un art de vivre en transformation.
Il se dégage des porcelaines NON SANS RAISON un univers esthétique riche qui trouve ses sources d’inspiration dans les arts visuels d’hier, la culture pop d’aujourd’hui et le design prospectif de demain. L’identité de cette Maison d’édition circule ainsi à travers le temps, et cherche à bâtir un pont entre passé et présent, entre savoir-faire et création.
Fêter 10 ans de création chez JOYCE GALLERY n’est pas un hasard. C’est dans cette galerie emblématique de la mode et du design, au cœur du Palais Royal, que tout a commencé en juin 2008 et que NON SANS RAISON a présenté ses premières collections.
Exposées alors dans des lave-vaisselles, ces-dernières mettaient clairement en scène les convictions de la Maison : éthique, innovation et modernité. NON SANS RAISON affirmait alors son manifeste : faire rayonner la porcelaine dans le temps présent.
Depuis 10 ans ont passé et NON SANS RAISON s’est enrichit de collections, d’expériences, d’événements, de collaborations et c’est ce que Bertille et Martial souhaitent présenter à travers cette exposition rétrospective.

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NON SANS RAISON doit son succès croissant au développement de formes innovantes et de services de table décorés de motifs graphiques d’une inaltérable modernité, cuits en grand feu pour une tenue optimale et une utilisation quotidienne.
Les jeux des lignes, les figures géométriques et les angles multiples de chaque service se prêtent à un dressage original des mets dans l’assiette ; comme un prolongement de la création artistique par le cuisinier, une mise en scène, une invitation à appréhender la construction optique.
Leur ligne singulière de Wall Plates, vaisselier mural et œuvre d’art à la fois, ainsi que le développement de formes originales ont permis d’hisser la marque dans le monde du design. Elle s’est aussi fait connaître par la diversité et la transversalité de ses collaborations avec des artistes et designers plasticiens et la pertinence d’évènements participatifs autour de la porcelaine.
Fournisseur officiel ou partenaire confidentiel, Non Sans Raison exerce également ses talents dans la création de formes sur-mesure grâce à sa maîtrise de l’ensemble de la chaîne de production porcelainière. Louis Vuitton, Yves Saint Laurent, Colette, WSN, Alife&co, Hôtel Amour, La Maison Blanche à Paris, El Celler De Can Roca, Nerua, Alife, Union Capital Groupe, Julie Gaillard Design, Galerie Triode, Claudio Colucci, American Vintage, Alain Ducasse, Joël Robuchon, Anna Wintour, Noto Paris et bien d’autres lui ont déjà fait confiance.
JOYCE GALLERY
Les 10 ans de NON SANS RAISON, porcelaine de Limoges
Exposition et pop-up store, du 4 au 20 juillet 2018
168, Galerie de Valois – Jardin du Palais Royal – 75001 Paris
Du lundi au samedi, de 14h30 à 18h30
Fermé le dimanche et le 14 juillet 2018
http://www.joyce.com
http://www.nonsansraison.com
Contact presse : Christian Lemoine de La Salle : +33 6 08 56 23 91 – christian@lemoinedelasalle.com

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JOYCE GALLERY présente du 2 au 28 mai, l’univers de la MAISON RUCHER… Exposition & Pop-up store…

« Nous sommes les abeilles de l’univers. Nous butinons éperdument le miel du visible pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’invisible. ”
Maria Rainer Rilke
Retrouver les racines du luxe, en empruntant le chemin exigeant de la grande tradition artisanale.
S’inspirer de la rigueur inlassable des abeilles, ouvrières généreuses dont l’art est la métamorphose.
Sélectionner avec rigueur de grands artisans au savoir-faire manufacturier exceptionnel.
Préserver nos précieux patrimoines, devenu trop rares et les enrichir d’une vision artistique contemporaine.
Proposer une collection exclusive, haut de gamme et responsable, comme une alternative aux marques de luxe largement diffusées.
Telles sont les fondations de Maison Rucher, au carrefour de métiers de création irréprochables dont il faut préserver l’avenir.
Après avoir passé plus de 20 ans Paris au service des couturiers et des créateurs de Mode, Christophe Campagnola se forme à la magie de l’apiculture dans un petit rucher école de campagne dans le Sud et installe sa maison en Provence. Au chant des Reines qui annonce l’essaimage de la colonie il commence à s’interroger sur les conditions de vie des Abeilles et sur le syndrome d’effondrement des colonies d’Abeilles (CCD) qui touche les Abeilles dans le monde entier et menace par là-même l’équilibre écologique (et économique) de notre planète.
Comme une nécessité, il dédie son expertise du monde de la création et du luxe à la création de MAISON RUCHER qui s’articule autour de 3 univers produit : les miels, les bougies, les vêtements prêt-à-porter et accessoires.
Les miels sont de crus français, d’origine florale et géographique précise, récolté par des apiculteurs responsables, conditionnés dans des pots de verres au couvercle de bois tourné, poncé, ajusté à la main.
Les bougies en pure cire alvéolée de cadre de ruche, sont fabriquées artisanalement et lovées sous des cloches de maitres verriers italiens,
Les vestes d’appartements sont coupées dans des draps de laine et cachemire tissés par un ancestral atelier du Sud de la France et confectionnées dans un atelier voisin, au savoir-faire irréprochable. Les Abeilles qui ornent ici et là certains articles de la collection, sont en métal, parfois précieux, réalisées par un fondeur d’art héraultais qui n’utilise que des métaux recyclés.
MAISON RUCHER adhère et soutient la Société Centrale d’Apiculture des Jardins du Luxembourg à Paris, crée il y a plus de 150 ans pour contribuer à la survie de l’abeille.
http://www.maisonrucher.com
JOYCE GALLERY
Exposition et pop-up store MAISON RUCHER
Du 2 au 28 mai 2018
168, Galerie de Valois – Jardin du Palais Royal – 75001 Paris
De 14h30 à 18h30, du lundi au samedi. Fermé les jours fériés
http://www.joyce.com

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LA GALERIE GRATADOU-INTUITI présente du 1er au 24 février, « La tournée des collègues », une exposition de FRANCKY BOY…

Francky…Hou hou !…Francky… Francky dort encore, il doit être 18H00, je vais être obligé de monter les six marches qui mènent au réduit où il vit chez Coluche. On est début 80, Michel Colucci est au fond de la pièce, de l’autre côté de sa piscine intérieure. Les yeux en capote de fiacre et la mine grise malgré un sourire calimérien ; les produits qui tournent à Paris sont forts et de mauvaise qualité.
Francky est chargé avec les « Musulmans Fumants » de couvrir de fresques la pièce d’en bas, la pièce de loisir : piscine, baby foot, flipper et bientôt mini studio d’enregistrement. LA pièce où l’on finit les nuits avec pas mal du Tout Paris et un peu du tout nulle part.
Francky, je l’ai rencontré quelques mois auparavant. Avec Téléphone, on calait sur la pochette d’ Un autre monde. François (ami et manager), dans un aéroport me dit : « Mondino m’a présenté un mec dingue et, regarde, il a pondu ça ! Il me sort la peinture de Francky : Tu vois, Un autre monde, le bras qui s’allonge vers le jouet, c’est un tableau mobile, on pourrait rajouter un jouet à chaque 100 000 albums (L’album ayant démarré mollement, on oubliera de rajouter les jouets plus tard)… J’ai froncé les sourcils mais, quand notre avion a atterri à sa destination, c’était décidé Un autre monde aurait sa pochette jaune qui crache un truc jamais fait.
Par la suite, Francky qui faisait de l’animation en Super, réalisera le clip d’Électrique cité, et le clip d’Un autre monde, réalisé par Mondino, sera basé sur ce regard poétique d’enfant sauvage lâché dans la cité : le regard de Francky.
Nous nous sommes revus de loin avec le Boy et nous sommes devenus les amis que nous sommes. Francky est le contraire d’un dilettante. Ce n’est pas parce que ses personnages, girafe rigolote et petit Mickey farceurs, nous font rire qu’il faut les trouver légers. Ces engins motorisés en tout genre, bagnoles, fusée, avions qui mènent à la grande ville, à la grande vie, ce sont des outils pour traverser et retraverser le fleuve des soucis convenus où se noient les bâtisseurs de réel, que les eaux boueuses emmènent inexorablement, aux océans de silence. Francky décline ces mêmes thèmes depuis plus de trente ans avec le soin d’un Rembrandt, l’opiniâtreté d’un Bacon, la provocation d’un Picasso.
C’est de l’enfance vive et en fait, un cri sans cesse recommencé. Le désir de cet enfant au bras qui s’allonge indéfiniment pour montrer et attraper ce paradis perdu, du Francky qui grandit en rêve dans les bras de la ligne droite des Hunaudières. C’est l’histoire de cette enfance kidnappée sous les carapaces d’adultes et qui, à coup d’aplats acryliques aux tons acide, ne cesse d’appeler au secours. Oui cette légèreté conjuguée, répétée, travaillée avec l’autisme de Van Gogh est politique, finalement. Ce n’est pas la lutte des classes mais la lutte du fond de la classe à coup de boules de papier colorées, c’est la lutte de l’enfant seul contre tout un système social qui bouche les pores de la peau de l’âme. C’est le cri de l’enfant seul, notre ancêtre, qui veut continuer la conversation avec les adultes que nous sommes devenus, et qui, revendique les promesse que nous lui avons faites.
Hou ! hou !… Francky les six marches qui mènent à ton cœur, jaune et orange et violet et bleu et vert et rouge, il faut les descendre ou les monter? Cette vie de montagnard dont tu es l’improbable guide, elle est face nord ou chemins de traverses? Face sud.
Jean-Louis Aubert, Janvier 2011
FRANCKY BOY « La Tournée des collègues »
Du 1er au 24 février 2018
Galerie Gratadou-Intuiti : 16, rue des Coutures Saint-Gervais 75003 Paris
http://www.galeriegratadou-intuiti.com
Contact presse : Christian Lemoine de La Salle +33 6 08 56 23 91 christian@lemoinedelasalle.com

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JOYCE GALLERY présente du 15 au 29 janvier, OLIVIER SAILLARD « PERSONAL DRESSING »…

« Comme un double lassé de moi-même, usé de m’attendre ou de me supporter, mon dressing prend des vacances et s’expose chez Joyce Gallery du 15 au 29 janvier 2018. Les vestes et les pantalons y sont échoués. Les chemises y sont abandonnées dans le réconfort de rouges baisers déposés sur papiers volés, constitués en collection et pour la première fois exposée à Paris… Qui veut me déposer un baiser de plus, peux venir… »
« Ma jaquette d’hiver habille le dos de la chaise. Sa forme est une esquisse, mais les épaulettes ne veulent pas se rendre. la doublure est froide comme un miroir ». Violette Leduc. L’affamée.
Installées sur des chaises de cirques, les vestes et les pantalons tous échappés de mon dressing sont dans l’obligation de raconter une part de celui qui les a portés. En acceptant l’invitation de la Galerie Joyce à présenter ce qui constitue l’ordinaire de la mode, celle que les podiums ne convoitent pas, c’est la banalité de soi même que l’on expose ayant cru, flatté un instant à l’exception de ses goûts. C’est donc sans fard, sans masque et sans triche que mes chemises élimées aux cols et aux poignets disent ma négligence à affronter le quotidien.
Celles en « Jean » par vingtaines et toutes différentes continuent de se boutonner à une adolescence qui n’est plus. Les pantalons, trop courts ou trop larges mais jamais à ma taille ne veulent pas totalement adhérer aux âges qui les épousent. Les cravates uniquement anciennes, toutes de secondes mains et des années 1960 manifestent dans leurs couleurs éteintes et leur tergal affirmé mon refus du présent. Les chaussettes sont noires et longues, au genou parce qu’un jour Véronique Nichanian m’a dit qu’il n’y avait pas d’autres options pour être chic et qu’il me plait de penser à elle chaque matin quand je glisse mes pas dans le fil d’Ecosse qui me rappelle aussi le pays de Tilda. Les sous vêtements sont blancs parce que je me jure une intimité qui sente la lessive et le blanc d’Espagne. Les culottes et les slips blancs, sans logo, sans motifs, sans griffes, de plus en plus difficiles à trouver sont kangourou car il faut bien un peu de dérision à cet endroit là. Les caleçons court en popeline vierge me rappellent que je suis leur détenu. Les caleçons longs auxquels je continuent de m’accrocher en hiver comme au temps lorsque j’habitais une région où il fait moins vingt font sans doute exception dans une garde robe dès qu’on a quitté la trentaine. Je reste fidèle à ce mauvais gout que j’espère très sur comme à celui de porter des Marcels sous les chemises !
Les vestes sont trop nombreuses et ont préempté depuis trop longtemps l’espace normal du dressing d’un homme qui s’habille pareil d’un jour à l’autre. Qu’elles soient en toile, en lainage, à chevron ou à rayures, les vestes sont toutes bleues, comme les pantalons que je porte dépareillés. Toutes à deux boutons, les trois boutons font peser sur moi la menace de ressembler à un agent immobilier. Je continue de caresser l’espoir d’un uniforme, une sorte de costume en bleu de travail qui serait dupliqué à l’identique pour tous les jours de la semaine. Un des leurs est sorti un jour des ateliers Old England mais je m’y sens comme un gendarme en répression de mon passé. Alors je le garde secrètement entre les frocs en bleu de chauffe de chez Gap et les pantalons très 40 de Ralph Lauren qui me font épouser la vie d’un ouvrier agricole américain. Pour être plus juste, là se loge sans doute une coquetterie c’est la photo de la vie d’un ouvrier agricole américain que je convoite. Il faut bien justifier ses tempes grises même si mes reprises, mes ravaudages ne sont nullement factices par ailleurs. Je continuent avec plaisir de la distinction de raccommoder mes vêtements.
Un pas chasse l’autre mais mes chaussures ont l’ambition de rester les mêmes. Celles d’aujourd’hui, le modèle Chasse ou le Golf de JM Weston ont forcé ma route. Ce changement de direction et de vie, guidé par le pas et la marche ont convaincu une garde -robe désormais au garde à vous de les suivre.
Qu’on ne s’y trompe pas, cette garde robe décrite avec un peu d’esprit à défaut d’en posséder est d’un ennui presque revendiqué. Je n’aime rien moins que le rituel du quotidien, la succession des jours qui se ressemblent, la permanence des objets de la vie et des vêtements. Au neuf, je préfère l’usagé qui a roulé sa bosse et vaincu le temps des modes. Le seul imprimé qui puisse rompre avec effraction et noblesse ce quotidien est une trace de rouge à lèvres au bord ‘un col de chemise. Depuis plusieurs mois, peu d’années je les collectionne sur le papier. A la fin d’un diner, en retour de correspondance je demande aux filles de m’envoyer des baisers. Sur une serviette, sur un mouchoir je récupère ces hiéroglyphes intimes maquillés de rouge. J’en possède tant désormais qu’il me faut bien avouer en dépit de cette garde-robe inoffensive et décrite : je veux plaire.
Olivier Saillard, janvier 2018
« PERSONAL DRESSING by OLIVIER SAILLARD »
Exposition du 15 au 29 janvier 2018
Joyce Gallery : 168, Galerie de Valois – Jardin du Palais Royal – 75001 Paris
http://www.joyce.com

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La Galerie GRATADOU-INTUITI présente du 7 au 23 septembre, « Petits formats », une exposition de NATALIA JAIME-CORTEZ…

Dans le silence de l’atelier, une mouche ordinaire, aux grands yeux orange, semble être tombée dans une épaisse couche de ces pigments bleus dont Natalia Jaime-Cortez use pour ses dessins. Dans la vidéo que cette dernière a tournée, ladite mouche, sans hâte, frotte ses pattes et fait frissonner ses ailes devenues opaques pour se débarrasser de cette pulvérulence inattendue. Le procédé de la mouche rappelle celui de l’artiste dessinant ou peignant, agissant par jeux d’aller-retour entre ce qui doit être recouvert et ce qui doit être ôté. Georges Braque, dans les années 1950, le dit joliment à propos de son travail pictural : « Quand je commence, il me semble que mon tableau est de l’autre côté, seulement couvert de cette poussière blanche, la toile. Il me suffit d’épousseter. (…) Lorsque tout est nettoyé, le tableau est fini. » La mouche bleue de Natalia Jaime Cortez, qui paraît sortie d’une rêverie d’Alice au pays des merveilles, pourrait donc éclairer avec finesse la production de l’artiste.
Ses dessins, légers sans pour autant être fragiles, relèvent de gestes premiers : plier puis déplier, pigmenter, tremper… Autant d’actions révélées par les papiers, tout autant supports qu’acteurs du dessin. Pour la plupart, ces papiers ont déjà vécu auparavant, ont connu des sédimentations avant d’être repris par Natalia Jaime-Cortez, qui en a modifié la matière : elle a transformé ces papiers japonais qu’elle affectionne, fins et souples, en des surfaces crayeuses et stratifiées. Leur délicate translucidité dévoile parfois l’ancien trait d’encre qui venait s’y épanouir.
On ne s’étonnera pas d’apprendre que l’artiste réalise également des performances, au cours desquelles, comme la mouche de tout à l’heure, elle n’hésite pas à entrer dans la couleur, à se laisser recouvrir de pigments purs bien volatiles. Son travail de dessin ne se situe pas à côté de cet intérêt pour le geste, pour la danse, mais bien tout contre : ses pliages qui retiennent dans leurs lignes de crête de minces liserés aux teintes variées ne manquent de faire penser aux chorégraphies lentes de Marie Cool, venant manipuler des feuilles de papier immaculées.
J’espère que Natalia Jaime-Cortez me pardonnera de conclure ce texte sur une autre métaphore animale, mais ses dessins à l’encre, dans lesquels les gestes précis viennent former des sillons colorés qui bien souvent dépassent le champ du papier, me renvoient inévitablement au texte de Francis Ponge, « Escargots » (1936). L’écrivain évoque, loin des clichés habituellement liés au gastéropode, le « sillage argenté » de ces « êtres dont l’existence même est œuvre d’art » grâce à leurs sécrétions perçues comme miraculeuses. « Quel bonheur, quelle joie donc d’être un escargot » se réjouit même l’auteur. Et en effet, que rêver de plus gracieux que cet éloge du peu, de la lenteur et de la discrétion qui conduit à une contemplation des usures, froissures et autres craquèlements de surface.
Camille Paulhan, Juin 2017
NATALIA JAIME-CORTEZ
« Petits Formats »
Exposition du 7 au 23 septembre 2016
Galerie Gratadou-Intuiti : 16, rue des Coutures Saint-Gervais 75003 Paris
http://www.galeriegratadou-intuiti.com

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La GALERIE GRATADOU-INTUITI présente, du 1er au 17 juin, « Pour être une forme », une exposition de KEVIN MONOT…

Vient d’abord se glisser un geste. Celui de l’œil qui construit l’espace interne du cadre, avant même de l’avoir caressé. Kévin Monot (né en 1987, à Lesneven) façonne chacune de ses images sous l’égide d’une pensée évolutionniste et protéiforme. Contrôlée par la restriction d’un matériau fixe, le papier, sa pratique envisage une stratification de formes et de couleurs qui saisit la cristallisation d’un nouvel art abstrait. Si les papiers découpés gouachés de Matisse sont une référence iconique en regard de la technique employée par l’artiste, c’est davantage une pensée philosophique qui soutient toute sa plasticité.
L’identisation — en termes de mécanisme associant construction, développement et évolution — intervient dans la forme même de son travail. Par le collage, Kévin Monot déploie une rhétorique qui invite le reconnaissable à disparaître tout en, paradoxalement, faisant surgir de nouvelles identités. Chaque strate de papier, qu’elle soit issue d’un support industriel, commercial ou personnel, s’invite à nier la précédente. La matière se conjugue par superposition ; elle dresse le tableau d’une entité psychique, dont la seule expression mentale s’organise autour de silhouettes organiques ou, a contrario, délibérément géométriques.
Flirtant dès lors avec une portraitisation de l’abstrait, à la manière de visages sans détails dont on ne pourrait percevoir que les contours incertains, Kévin Monot hisse sa radicalité vers une mise en exergue des zones d’ombres et de lumières. Les couleurs interviennent comme fruits d’un prisme physiologique. Les noirs sont abyssaux, scellent le regard dans un all-over labyrinthique qui offre bruit, rythme et composition. Ils évoquent également l’encre de la photocopieuse que l’artiste use pour fabriquer ses images. La série Portrait en forme (2017) intercepte très justement ce métissage entre physiologie et néant : des photographies de cabine recouvertes d’éléments graphiques s’imposent comme matière de base qui nourrira la machine à recopier. Saturation, morcellement, imperfection. L’esthétique adjacente au propos de l’artiste anime la surface de ses œuvres par un discours naturellement hybride, convergeant vers une tentation de l’effacement et de l’inattendu.
Maxime Gasnier, 2017
KEVIN MONOT
« Pour être une forme »
Exposition du 1er au 17 juin 2017
Galerie Gratadou-Intuiti : 16, rue des Coutures Saint-Gervais 75003 Paris
http://www.galeriegratadou-intui.com

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La GALERIE GRATADOU-INTUITI présente du 16 mars au 22 avril 2017 « Marie, une histoire possible », une œuvre de MARC DEL PIANO

Le faux, élément incontournable de l’uchronie comme médium. Au commencement, l’idée d’une représentation différente. Sculptée, Marie représentée comme mère mais avant tout comme femme, semblable aux autres. En réalisant avec les techniques ancestrales, taille dans le bois, enduit de colle de peau de lapin, dorure à la feuille, polychromie, une statue d’église, une Madone portant son bébé mais aussi enceinte d’un deuxième, je souhaitais proposer un changement de paradigme. Fidèle à ce que racontent les premiers Évangiles citant le nom des frères de Jésus, je propose une image de Marie plus réelle que celle de l’Immaculée Conception. Marie devient femme, fille-mère, puis mère des autres enfants que lui donne Joseph. J’esquisse, par cette uchronie, ce qu’aurait été notre société sans cette culpabilité que les religions font porter aux femmes, source de drames. Drames sociaux et psychologiques que j’évoque dans la deuxième pièce, une autre uchronie qui, au travers des évolutions techniques et esthétiques de la photographie, reconstitue l’ascendance fantasmée d’une femme née sous X. Dans les deux cas masquer le péché originel, la chair que stigmatise trois femmes. La première, à l’origine de notre civilisation, Marie, pour laquelle le mythe efface l’acte de chair, la propulsant, paradoxalement, en tant que Vierge, comme icône de la femme. La seconde, qui, au milieu du XXème siècle, n’a pu assumer son rôle de mère pour une raison inconnue. On peut imaginer que son accouchement sous X a été causé par la bienséance, fille de bourgeois engrossée dans le péché ou, fille de pauvre qui ne pouvait assumer le fruit amer d’un moment de faiblesse ou d’un viol. Et aujourd’hui, la troisième, cet enfant non souhaité, cette fille née sous X face au mur établi par la loi, devant porter le poids de son abandon et du mystère que représente ses ascendants, se sentant coupable de ne pas pouvoir donner une histoire familiale à ses enfants. Cette dernière mère est une amie, à qui j’ai suggéré un jour d’inventer de toute pièce un passé idéalisé. Plus tard, je lui ai proposé d’inventer des fragments de ce passé au travers d’un parcours dans le temps, séquencé par un bref parcours symbolique dans l’Histoire de la photographie. J’utilise le visage d’une de ses filles pour faire exister une arrière-grand-mère, une grand-mère et une mère.
La réalité de l’histoire et la manipulation La famille qu’on peut s’inventer lorsqu’on est né(e) sous X, cette transformation de l’Histoire, cette bifurcation dans l’espace-temps qu’est l’uchronie expose aussi la fragilité de la réalité. “Nous devons envisager l’état présent de l’univers comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre.” nous dit Laplace mais selon la théorie du chaos, un infime changement aurait pu transformer notre univers social et moral, changer ce paradigme. Si l’Église reconnaissait à Marie son statut de fille-mère au lieu d’imposer cette conception sans l’acte de chair, mon amie aurait probablement connu sa mère. D’autre part, la collection de photographies, support d’un passé fantasmé m’évoque aussi l’étagère de Rick Deckard, le chasseur de prime de la nouvelle de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? et interprété par Harrison Ford dans Blade Runner. Étagère couverte de photos de famille et suggérant que le héros pourchassant les réplicants – des robots humanoïdes essayant de retrouver leur créateur pour prolonger leur vie – est l’un des leurs auquel on a implanté un faux passé. Chez moi, j’ai posé sur un buffet une série de vieilles photographies de ma famille et parfois je me demande si j’ai vraiment vu ces personnes. Mon père était photographe et regardant de vieux albums, je me demande si ma vie est réelle, si mes rares souvenirs d’enfant ne sont pas seulement instillées par ces images.

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Biographies
Marc del Piano, né en 1958. Vit et travaille à Lyon
Après les Beaux-Arts de Lyon en département illustration et communication, MDP devient directeur artistique pour la publicité, fonde une agence de communication puis de multimédia. En 1999, il est associé par thierry Ehrmann à la fondation de la Demeure du Chaos dont il devient un des artistes intervenant et son directeur artistique. Parallèlement, il développe son univers personnel de plasticien en expérimentant différents média : dessin, peinture, photographie , sculpture en fonction de ses envies et des sujets qu’il aborde. Il expose son travail à la Demeure du Chaos et à Paris à la galerie Gratadou-Intuiti
Patrick Gabet, né en 1958. Vit et travaille à Lyon
Il se passionne pour la sculpture depuis l’âge de15 ans en autodidacte puis suit une formation classique en ébénisterie, sculpture et dorure. Il ouvre son atelier de sculpture et dorure à Lyon. Son activité d’artisan d’ Art s’articule autour de deux axes, la création et la restauration de statuaires, meubles, miroirs, dorés, polychromes, cirés … Quand à ses créations, très personnelles, elles sont visibles dans son atelier vitrine.
GALERIE GRATADOU-INTUITI
16, rue des Coutures Saint-Gervais 75003 Paris
http://www.galeriegratadou-intuiti.com
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