La Galerie GRATADOU-INTUITI présente du 7 au 23 septembre, « Petits formats », une exposition de NATALIA JAIME-CORTEZ…

Dans le silence de l’atelier, une mouche ordinaire, aux grands yeux orange, semble être tombée dans une épaisse couche de ces pigments bleus dont Natalia Jaime-Cortez use pour ses dessins. Dans la vidéo que cette dernière a tournée, ladite mouche, sans hâte, frotte ses pattes et fait frissonner ses ailes devenues opaques pour se débarrasser de cette pulvérulence inattendue. Le procédé de la mouche rappelle celui de l’artiste dessinant ou peignant, agissant par jeux d’aller-retour entre ce qui doit être recouvert et ce qui doit être ôté. Georges Braque, dans les années 1950, le dit joliment à propos de son travail pictural : « Quand je commence, il me semble que mon tableau est de l’autre côté, seulement couvert de cette poussière blanche, la toile. Il me suffit d’épousseter. (…) Lorsque tout est nettoyé, le tableau est fini. » La mouche bleue de Natalia Jaime Cortez, qui paraît sortie d’une rêverie d’Alice au pays des merveilles, pourrait donc éclairer avec finesse la production de l’artiste.
Ses dessins, légers sans pour autant être fragiles, relèvent de gestes premiers : plier puis déplier, pigmenter, tremper… Autant d’actions révélées par les papiers, tout autant supports qu’acteurs du dessin. Pour la plupart, ces papiers ont déjà vécu auparavant, ont connu des sédimentations avant d’être repris par Natalia Jaime-Cortez, qui en a modifié la matière : elle a transformé ces papiers japonais qu’elle affectionne, fins et souples, en des surfaces crayeuses et stratifiées. Leur délicate translucidité dévoile parfois l’ancien trait d’encre qui venait s’y épanouir.
On ne s’étonnera pas d’apprendre que l’artiste réalise également des performances, au cours desquelles, comme la mouche de tout à l’heure, elle n’hésite pas à entrer dans la couleur, à se laisser recouvrir de pigments purs bien volatiles. Son travail de dessin ne se situe pas à côté de cet intérêt pour le geste, pour la danse, mais bien tout contre : ses pliages qui retiennent dans leurs lignes de crête de minces liserés aux teintes variées ne manquent de faire penser aux chorégraphies lentes de Marie Cool, venant manipuler des feuilles de papier immaculées.
J’espère que Natalia Jaime-Cortez me pardonnera de conclure ce texte sur une autre métaphore animale, mais ses dessins à l’encre, dans lesquels les gestes précis viennent former des sillons colorés qui bien souvent dépassent le champ du papier, me renvoient inévitablement au texte de Francis Ponge, « Escargots » (1936). L’écrivain évoque, loin des clichés habituellement liés au gastéropode, le « sillage argenté » de ces « êtres dont l’existence même est œuvre d’art » grâce à leurs sécrétions perçues comme miraculeuses. « Quel bonheur, quelle joie donc d’être un escargot » se réjouit même l’auteur. Et en effet, que rêver de plus gracieux que cet éloge du peu, de la lenteur et de la discrétion qui conduit à une contemplation des usures, froissures et autres craquèlements de surface.
Camille Paulhan, Juin 2017
NATALIA JAIME-CORTEZ
« Petits Formats »
Exposition du 7 au 23 septembre 2016
Galerie Gratadou-Intuiti : 16, rue des Coutures Saint-Gervais 75003 Paris
http://www.galeriegratadou-intuiti.com

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Dossier de presse et visuels à télécharger sur : http://urlz.fr/5AfG
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La GALERIE GRATADOU-INTUITI présente du 16 mars au 22 avril 2017 « Marie, une histoire possible », une œuvre de MARC DEL PIANO

Le faux, élément incontournable de l’uchronie comme médium. Au commencement, l’idée d’une représentation différente. Sculptée, Marie représentée comme mère mais avant tout comme femme, semblable aux autres. En réalisant avec les techniques ancestrales, taille dans le bois, enduit de colle de peau de lapin, dorure à la feuille, polychromie, une statue d’église, une Madone portant son bébé mais aussi enceinte d’un deuxième, je souhaitais proposer un changement de paradigme. Fidèle à ce que racontent les premiers Évangiles citant le nom des frères de Jésus, je propose une image de Marie plus réelle que celle de l’Immaculée Conception. Marie devient femme, fille-mère, puis mère des autres enfants que lui donne Joseph. J’esquisse, par cette uchronie, ce qu’aurait été notre société sans cette culpabilité que les religions font porter aux femmes, source de drames. Drames sociaux et psychologiques que j’évoque dans la deuxième pièce, une autre uchronie qui, au travers des évolutions techniques et esthétiques de la photographie, reconstitue l’ascendance fantasmée d’une femme née sous X. Dans les deux cas masquer le péché originel, la chair que stigmatise trois femmes. La première, à l’origine de notre civilisation, Marie, pour laquelle le mythe efface l’acte de chair, la propulsant, paradoxalement, en tant que Vierge, comme icône de la femme. La seconde, qui, au milieu du XXème siècle, n’a pu assumer son rôle de mère pour une raison inconnue. On peut imaginer que son accouchement sous X a été causé par la bienséance, fille de bourgeois engrossée dans le péché ou, fille de pauvre qui ne pouvait assumer le fruit amer d’un moment de faiblesse ou d’un viol. Et aujourd’hui, la troisième, cet enfant non souhaité, cette fille née sous X face au mur établi par la loi, devant porter le poids de son abandon et du mystère que représente ses ascendants, se sentant coupable de ne pas pouvoir donner une histoire familiale à ses enfants. Cette dernière mère est une amie, à qui j’ai suggéré un jour d’inventer de toute pièce un passé idéalisé. Plus tard, je lui ai proposé d’inventer des fragments de ce passé au travers d’un parcours dans le temps, séquencé par un bref parcours symbolique dans l’Histoire de la photographie. J’utilise le visage d’une de ses filles pour faire exister une arrière-grand-mère, une grand-mère et une mère.
La réalité de l’histoire et la manipulation La famille qu’on peut s’inventer lorsqu’on est né(e) sous X, cette transformation de l’Histoire, cette bifurcation dans l’espace-temps qu’est l’uchronie expose aussi la fragilité de la réalité. “Nous devons envisager l’état présent de l’univers comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre.” nous dit Laplace mais selon la théorie du chaos, un infime changement aurait pu transformer notre univers social et moral, changer ce paradigme. Si l’Église reconnaissait à Marie son statut de fille-mère au lieu d’imposer cette conception sans l’acte de chair, mon amie aurait probablement connu sa mère. D’autre part, la collection de photographies, support d’un passé fantasmé m’évoque aussi l’étagère de Rick Deckard, le chasseur de prime de la nouvelle de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? et interprété par Harrison Ford dans Blade Runner. Étagère couverte de photos de famille et suggérant que le héros pourchassant les réplicants – des robots humanoïdes essayant de retrouver leur créateur pour prolonger leur vie – est l’un des leurs auquel on a implanté un faux passé. Chez moi, j’ai posé sur un buffet une série de vieilles photographies de ma famille et parfois je me demande si j’ai vraiment vu ces personnes. Mon père était photographe et regardant de vieux albums, je me demande si ma vie est réelle, si mes rares souvenirs d’enfant ne sont pas seulement instillées par ces images.

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Biographies
Marc del Piano, né en 1958. Vit et travaille à Lyon
Après les Beaux-Arts de Lyon en département illustration et communication, MDP devient directeur artistique pour la publicité, fonde une agence de communication puis de multimédia. En 1999, il est associé par thierry Ehrmann à la fondation de la Demeure du Chaos dont il devient un des artistes intervenant et son directeur artistique. Parallèlement, il développe son univers personnel de plasticien en expérimentant différents média : dessin, peinture, photographie , sculpture en fonction de ses envies et des sujets qu’il aborde. Il expose son travail à la Demeure du Chaos et à Paris à la galerie Gratadou-Intuiti
Patrick Gabet, né en 1958. Vit et travaille à Lyon
Il se passionne pour la sculpture depuis l’âge de15 ans en autodidacte puis suit une formation classique en ébénisterie, sculpture et dorure. Il ouvre son atelier de sculpture et dorure à Lyon. Son activité d’artisan d’ Art s’articule autour de deux axes, la création et la restauration de statuaires, meubles, miroirs, dorés, polychromes, cirés … Quand à ses créations, très personnelles, elles sont visibles dans son atelier vitrine.
GALERIE GRATADOU-INTUITI
16, rue des Coutures Saint-Gervais 75003 Paris
http://www.galeriegratadou-intuiti.com
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Du 13 octobre au 9 novembre, la GALERIE GRATADOU-INTUITI présente « CINEMA : histoires domestiques », une exposition personnelle d’ÉDOUARD TAUFENBACH

La série de collages qu’Édouard Taufenbach présente sous le tire CINEMA : histoires domestiques s’inscrit dans une double appartenance au récit du cinéma d’une part et au roman familial d’autre part. Toujours à partir d’un ensemble d’anciens tirages argentiques de photographies privées servant de déclencheurs de fiction, les collages de dimensions variables explorent les capacités d’une simple photographie domestique à engendrer du récit, à produire du cinéma.
Depuis bien avant son invention sous sa forme moderne, le cinéma (les images en mouvement) avait cherché ses possibles lieux d’apparition dans des dispositifs optiques tenant ensemble la magie de l’illusion et le pragmatisme technique (des lanternes magiques aux jouets d’optique). Le cinéma diffuse des films sous une forme communément répandue tout au long du XXème siècle, le spectacle cinématographique. Sa scène est un théâtre (la salle de cinéma), où viennent regarder ensemble des spectateurs toujours plus ou moins fascinés par le dispositif de projection et les ombres qu’il génère. C’est du côté du film comme pellicule que se situe le travail récent d’Édouard Taufenbach, le film dans toute sa matérialité : le support photographique, la transparence de la pellicule, les pigments de couleur qui imprègnent les surfaces. Pour chacun de ses projets, il construit, à partir d’une seule photographie trouvée, ou collectionnée, ou encore extraite d’archives familiales, un film non pas projeté mais exposé, décomposé en séquences géométriquement articulées sur des panneaux (tableaux) à fonds blancs. Empruntant à la musique itérative autant qu’au cinéma structurel d’un Peter Kubelka ou Paul Sharits, aux flicker films (« films à clignotement ») autant qu’aux micro rythmes des musiques urbaines, les œuvres vidéographiques et photographiques d’Édouard Taufenbach procèdent d’un même geste de séquençage qui produit un espace temporel continu quoique composite, dans lequel les points de raccords discrets sont lissés par la répétition et les effets de boucle.
Telle la pointe acérée d’un regard scrutateur, les lignes obliques qui organisent les surfaces forment un réseau rythmique (une partition?) qui associé à la photographie de base répétée, réitérée avec de minces variations, produisent un « effet cinéma » qu’il est très difficile de nommer et de décrire, alors même qu’il est fortement perceptible. Les deux composantes du cinéma, le photogramme et le défilement, apparaissent partiellement dans ces collages « fixes » face auxquels le spectateur est mis dans la situation de faire défiler « à la main » un ruban celluloïd de film. D’une image à l’autre le regard balaye les bandes géométriques en cherchant les modifications, les différences, les déplacements et le décadrages qui vont faire vaciller la fixité photographique et la tirer vers un mouvement optique, au fondement du dispositif cinématographique. Comme au cinéma, une durée est nécessaire pour regarder ces images auxquelles l’organisation soignée ajoute un caractère précieux. Vus de loin, les collages évoquent des rubans de film et exposent le principe du cinéma, sa mécanique. Vue de près, ils mettent en avant les images et leur référent : des personnes, des ambiances, des relations, des histoires possibles, des récits de vie potentiels. Les traces mémorielles saisies par la capture photographique se conjuguent avec la mécanique cinématographique traitée picturalement dans un jeu très précis de découpes et de « montage » sur le plan du tableau, lieu des transformations. La fiction a alors trouvé une possibilité de se construire et le spectateur-lecteur peut projeter ses propres histoires et faire affleurer à la surface du présent des souvenirs réel ou imaginés. Il peut ainsi « se faire des films » comme le dit Édouard Taufenbach, et élaborer en liberté ses propres représentations. Travail de l’art.
Françoise Parfait
« CINEMA : histoires domestiques » Édouard Taufenbach
Du 13 octobre au 9 novembre
GALERIE GRATADOU-INTUITI : 16, rue des Coutures Saint-Gervais Paris 3ème
Cette exposition se poursuivra du 11 au 13 novembre 2016 à FOTOFEVER ART FAIR au Carrousel du Louvre, Paris.
http://www.galeriegratadou-intuiti.com

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Jusqu’au 18 juin, La GALERIE GRATADOU-INTUITI présente JEAN-CLAUDE BIRABEN « Des Choses et Autres »

Les objets de Jean-Claude Biraben tiennent autant des objets surréalistes que de la peinture de Magritte et de la poésie. Leur clef est d’abord à chercher du côté du langage. D’après José Pierre, deux mécanismes sont à l’œuvre dans le travail de Biraben. D’un côté, la métonymie « où les choses se définissent plutôt par leurs abords et leurs fréquentations, bonnes ou mauvaises, que par leurs propres caractéristiques. »1 La partie est prise pour le tout, le contenant pour le contenu…
L’objet, une fois libéré de sa fonction et de sa stricte définition, incite à l’allusion, à l’ellipse et au raccourci. Le Tamis évoque la plage dont profite le petit personnage étendu sur sa serviette. Par contiguïté, L’oiseau qui a des branches confond l’arbre et l’animal. La métaphore agit plus fortement encore dans la démarche de l’artiste. L’analogie, la ressemblance et l’association libre détournent l’objet de sa signification première ou en expriment le contenu latent. Le couteau à la lame pliée en escalier devient Cascade. La Danseuse virevolte hors d’un presse-purée. Le Loup aux allures de chien blanc, sagement assis, ne devient loup qu’à la faveur d’un demi-masque de velours noir arboré en guise de truffe. L’Abat-jour est pris au pied de la lettre, crâne formé des fragments de l’objet, vanité de la lumière.
José PIERRE, Biraben, Paris, éd. Loubatières, 1993, p. 17.
JEAN-CLAUDE BIRABEN « Choses et Autres »
Jusqu’au 18 juin 2016
Galerie GRATADOU-INTUITI / 16, rue des Coutures Saint-Gervais 75003 Paris
http://www.galeriegratadou-intuiti.com

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La Galerie ARCTURUS présente ALEJANDRO QUINCOCES « Œuvres récentes »

Jusqu’au 9 avril et dans la lignée de sa prédilection pour la peinture contemporaine espagnole, la Galerie Arcturus présente la 3ème exposition à Paris du peintre Alejandro Quincoces.
Cet artiste né à Bilbao en 1951, au parcours atypique, est passionné dès son plus jeune âge par la musique et la peinture. Il commence ses études aux Beaux Arts à 36 ans et obtient rapidement une vraie reconnaissance en Espagne en remportant de nombreux prix et par sa présence dans de nombreuses collections. Alejandro Quincoces est également exposé régulièrement en Europe et aux États-Unis.
Les sujets auxquels il se consacre sont essentiellement des paysages urbains : villes, usines, autoroutes… vus de loin ou de près. A travers la superposition de couches fermes sur bois, Alejandro cherche à capter la lumière vibrante de son environnement. Son œuvre est mature, forte, où les effets de matière et de lumière créent des vibrations subtiles. Il joue sur la tension entre l’abstraction et la peinture référentielle.
Cette exposition est celle d’un peintre contemporain dont la personnalité dégage une vraie force intérieure qui lui donne un air de simplicité et de solidité sereine dont l’œuvre parvient à fixer un instant fugace en un moment éternel.
ALEJANDRO QUINCOCES
« Oeuvres récentes »
Galerie Arcturus – 65, rue de Seine Paris 6ème
Jusqu’au 9 avril 2016
Du mardi au vendredi, de 14h à 19h
Samedi, de 11h à 13h et de 14h à 19h
http://www.art11.com/galeries/arcturus

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LA GALERIE ARCTURUS présente « LIDIA MASLLORENS, œuvres sur papier »

Nouvel accrochage, nouvelle artiste… Du 4 février au 5 mars, la galerie Arcturus présente la 1ère exposition personnelle à Paris consacrée à l’artiste espagnole Lidia Masllorens et à ses œuvres sur papier. Une autre exposition lui est également dédiée à Los Angeles.
Le projet actuel de Lidia Masllorens est de créer un archétype du portrait de ce début du XXIème siècle. Ses œuvres de grandes tailles ont une forte présence, et dégagent un réel dynamisme et une vitalité remarquable. Et ceci est d’autant plus remarquable que c’est un travail sur papier, un travail de retrait et non de superposition de couches. En effet, l’artiste peint complètement le papier en noir à l’acrylique, puis elle travaille par retrait, à l’aide d’un gros pinceau, de la peinture avec un mélange d’eau de javel et d’eau. Le dosage d’eau de javel permet des nuances du rose au blanc. Le geste est vif et rapide, ce qui entraine beaucoup de pertes et de ratés. Comme pour l’aquarelle il n’y a pas de repentir, mais c’est un processus inverse de l’aquarelle. L’autre aspect aléatoire est la réaction du papier avec l’eau qui peut aussi entraîner la destruction d’une œuvre en cours.
Cette nouvelle artiste a une technique originale et personnelle qui fait d’elle une découverte à ne pas manquer !
« LIDIA MASLLORENS, œuvres sur papier »
Exposition du 4 février au 5 mars 2016
Galerie Arcturus – 65, rue de Seine 75006 Paris

http://www.art11.com/galeries/arcturus

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